Je délègue les tâches, pas la responsabilité
Un mois avec Hermes dans mon travail de développeur salarié : orchestration, Discord, garde-fous et une responsabilité qui reste humaine.
Un collègue m’assigne comme reviewer sur une pull request. Je reçois un mail, je copie le lien dans Claude Code et je lui demande de faire la review.
Sur une de mes propres PR, des commentaires arrivent. Même chose : je reçois une notification, je demande à Claude de regarder, puis de me faire un rapport.
Ça fonctionne. Mais pourquoi est-ce que je fais encore le facteur entre GitHub et mon agent ?
Après environ six mois à utiliser Claude Code, c’était ce qui me bloquait. J’avais déjà essayé des automatisations, des tâches planifiées sur mon ordinateur, des outils comme herdr. Pourtant, je restais souvent dans la même boucle : demander une tâche, attendre, vérifier, demander la suivante.
Certaines vérifications étaient utiles. D’autres ne nécessitaient pas mon intervention : l’agent aurait très bien pu continuer.
J’avais besoin d’orchestration. C’est ce qui m’a amené à utiliser Hermes depuis environ un mois dans mon travail de développeur salarié.
Ne plus avoir à dire « va regarder »
Le premier gain a été de supprimer ces petits relais manuels.
Aujourd’hui, le système surveille régulièrement les PR sur lesquelles on me demande une review et déclenche le travail. Il surveille aussi les nouveaux commentaires sur mes propres PR.
Pour ces commentaires, le workflow comporte encore une validation humaine. L’agent les analyse, juge leur pertinence et me présente son rapport. Je confirme son jugement ou je le corrige. Une fois cette étape validée, il passe aux corrections.
Je ne lui demande plus d’aller chercher l’information. Il vient me voir avec une analyse sur laquelle je peux décider.
Je pourrais construire ce genre de fonctionnement avec Claude Code ou Codex. Je ne considère pas que Hermes ait inventé l’automatisation. En revanche, passer sur cet outil m’a poussé à revoir mes workflows et à enlever davantage de validations inutiles. Le changement vient aussi de ma manière de m’en servir.
Pourquoi je pilote tout ça dans Discord
J’aime le terminal, mais pour cet usage, il me manquait deux choses : une façon pratique pour l’agent de revenir vers moi et une organisation de mes conversations.
Discord me donne des catégories, des salons et des threads. Je peux ranger les échanges par activité, puis garder un fil pour chaque sujet.
Dans mon salon consacré aux correctifs, par exemple, une PR qui reçoit des commentaires a son thread. L’analyse, ma validation et les corrections se passent dedans. Si un collègue ajoute des commentaires après le correctif, la conversation reprend dans le même fil.
Je retrouve le dossier là où je l’avais laissé.
Je peux aussi envoyer des images, des fichiers ou des messages vocaux. L’adaptateur Discord de Hermes ajoute des détails que j’apprécie beaucoup : une réaction 👀 pour signaler que le message a été vu, puis une coche quand il a été traité.
Ce sont de petites choses, mais quand on échange avec l’agent toute la journée, elles comptent. Pour mon usage, Discord est l’interface la plus agréable que j’ai trouvée.
Il faut aussi lui apprendre à attendre
Le système n’a pas bien fonctionné du premier coup.
Au début, la surveillance des commentaires avait un défaut assez bête. L’agent trouvait une PR, analysait ses commentaires et me demandait de valider son plan. Pendant ce temps, je faisais autre chose.
Au passage suivant, il retrouvait la même PR avec les mêmes commentaires… et recommençait l’analyse.
Il manquait une règle : si tu as déjà analysé ces commentaires et que tu attends ma validation, ne fais rien. Attends.
Autre problème : le parallélisme. Quand plusieurs agents lancent des tâches lourdes en même temps, le VPS peut vite saturer.
Un de mes workflows produit une vidéo de démonstration après le développement d’une fonctionnalité. Elle me permet de voir le comportement obtenu sans systématiquement lancer l’application en local. Ça ne remplace pas tous les tests, mais c’est très pratique pour examiner le résultat.
Sauf que produire ces vidéos consomme des ressources. Plusieurs créations simultanées mettaient le serveur en difficulté. J’ai donc ajouté un verrou : quand un agent crée une vidéo, les autres attendent leur tour.
Ce sont des choses que j’ai découvertes à l’usage. Une consigne trop vague donne un workflow incomplet. Je regarde ce qui se passe, je corrige, puis on précise les skills — les procédures que l’agent utilise pour travailler.
L’autonomie demande ce travail de réglage. Il ne suffit pas de demander à plusieurs agents d’avancer tout seuls.
Mon quotidien de salarié change
Le plus gros changement n’est pas simplement que les fonctionnalités sont codées plus vite.
Je passe davantage de temps à réfléchir, avec mes collègues, à la façon dont nous produisons : les workflows, les tests, l’observabilité, les mécanismes qui permettent de vérifier que tout fonctionne correctement.
Parce que produire plus vite crée aussi de nouveaux problèmes. Il faut pouvoir vérifier ce qui sort, comprendre les erreurs et contrôler les workflows eux-mêmes.
Une partie de mon travail ressemble maintenant à de la gestion d’équipe et à de l’architecture : organiser le travail des agents, définir les règles, examiner les résultats et améliorer le système.
Ça change aussi ma manière de travailler physiquement. J’étais déjà en télétravail ; je peux maintenant réaliser une partie de ce suivi depuis mon téléphone. Lire un rapport, donner une validation ou envoyer une consigne ne demande pas toujours d’être assis à mon bureau.
Il m’arrive de le faire dehors, pendant une promenade, ou simplement en changeant de pièce après le repas. Je continue à travailler, mais je ne suis plus aussi attaché à mon poste.
Ce que je ne délègue pas
J’ai du mal à dresser une liste des tâches que je ne confierai jamais aux agents. Plus j’avance, plus je délègue.
En revanche, il y a une chose que je garde : la responsabilité.
Si l’agent fait n’importe quoi, je ne peux pas m’en servir comme excuse. C’est à moi de définir les règles, de mettre les garde-fous, de m’assurer que le système tourne correctement et de maîtriser les coûts. Tout ça peut coûter cher, et le budget de l’entreprise n’est pas un terrain de jeu.
C’est aussi là que se trouve ma valeur : assumer ce que ce système produit et construire les moyens de lui faire confiance.
Après un mois avec Hermes, je suis encore en train de régler beaucoup de choses. Mais mon quotidien a déjà changé, et c’est ce qui rend cette période passionnante. Nous continuons à chercher jusqu’où les agents peuvent aller, et comment vérifier leur travail à mesure qu’ils gagnent en autonomie.
Je leur délègue de plus en plus de tâches. Pas la responsabilité du résultat.





